Positions et revendications

Pour une éducation inclusive, accessible et égalitaire

Conformément à la vision commune dont il s’est doté, le ROCLD promeut et soutient la lutte au décrochage qui favorise le plein potentiel de tous les jeunes à travers des parcours diversifiés, et ce, pour une réussite éducative inclusive, accessible et égalitaire. En ce sens, il dénonce certaines caractéristiques du système scolaire québécois et revendique la mise en place de mesures et d’actions concrètes favorisant l’atteinte de cette vision et plus largement de la réussite éducative de tous les élèves.

En plus de poursuivre la lutte pour un rehaussement du financement à la mission globale des OCLD et la reconnaissance de leur autonomie, le ROCLD a, ces dernières années, particulièrement travaillé sur les enjeux de la médicalisation des difficultés et problèmes sociaux vécus par les jeunes et de l’égalité entre les sexes en éducation. De façon transversale, il milite en faveur d’une éducation inclusive et de la reconnaissance des parcours diversifiés et atypiques des jeunes, et il participe aux actions de lutte à la pauvreté.

 

Financement et reconnaissance des OCLD

Le Programme d’action communautaire sur le terrain de l’éducation (PACTE) est le meilleur véhicule financier pour les OCLD, puisque ce programme est encadré par la Politique de reconnaissance de l’action communautaire et permet le financement à la mission globale des groupes, leur assurant ainsi une réelle autonomie. Le ROCLD souhaite conséquemment que le financement à la mission dans le cadre du PACTE soit maintenu et que ce financement soit stable, récurrent et permette de répondre aux besoins et d’assurer la pérennité des actions.

Le ROCLD souhaite que la singularité du milieu de l’action communautaire autonome – plus particulièrement des OCLD – et son impact sur la réussite éducative des jeunes soit pleinement reconnus. Le ROCLD dénonce par ailleurs le fait que des organismes communautaires non-autonomes sont désormais mandataires du gouvernement pour offrir des services au détriment de ceux demandés par les communautés locales.

 

La médicalisation des difficultés et problèmes sociaux vécus par les jeunes

Membre du comité de coordination du Mouvement Jeunes et santé mentale, le ROCLD revendique une discussion profonde sur l’enjeu de la médicalisation des problèmes sociaux des jeunes. Devant les pressions au diagnostic et à la médication que subissent les parents et les jeunes en difficulté, du manque de ressources psychosociales dans les écoles, des préjugés, de la stigmatisation et de l’intimidation auxquels font face les jeunes ayant un vécu associé à la santé mentale , nous jugeons qu’il est nécessaire de se pencher sur cet enjeu.

Le ROCLD appuie évidemment l’ensemble des revendications du Mouvement contenu dans la Déclaration commune, dont l’accès pour tous les élèves (sans exigence de diagnostic préalable) à de l’aide et de l’accompagnement psychosocial et éducatif répondant à leurs besoins.

 

Mettre fin aux stéréotypes sexuels : pour la réussite des filles et des garçons

Il est démontré que les élèves qui adhèrent le plus aux stéréotypes sexuels –aux rôles sociaux de sexe- sont ceux qui décrochent le plus (Guerry, et al., 2016; CSE, 1999). La reproduction des stéréotypes sexuels dans le système scolaire est donc susceptible d’entraîner le décrochage scolaire autant chez les filles que chez les garçons. Ainsi, plutôt que d’encourager le déploiement de mesures ciblées, il serait souhaitable de sensibiliser les enseignants.e.s, les professionnel.le.s et le personnel scolaire aux stéréotypes sexuels, à l’importance de l’égalité des sexes et d’offrir des formations à propos de l’analyse différenciée selon les sexes (ADS).

Le décrochage des filles, on doit également s’en préoccuper ! 

On en parle peu dans l’espace public, mais le décrochage scolaire existe aussi chez les filles et on doit s’en préoccuper, car ses manifestations et conséquences diffèrent du décrochage des garçons. Le décrochage scolaire des filles a des conséquences plus pénalisantes que celui des garçons. En effet, les conséquences économiques du décrochage marquent plus les trajectoires de vie des femmes qui connaissent plus fortement la précarité (en 2014, au Québec, la rémunération annuelle des femmes sans diplôme d’études secondaire est en moyenne de 21 845$, alors qu’elle est de 34 585$ pour les hommes dans la même situation (Institut de la Statistique du Québec, 2015)). Plus encore, au sein de la famille ce sont encore aux femmes à qui incombe la responsabilité d’accompagner l’enfant dans son cheminement scolaire et ses apprentissages, ce qui implique notamment le soutien lors de la période des devoirs et leçons. La sous-scolarisation de la mère a ainsi un impact significatif sur la réussite éducative. 

 

Pas de réussite sans conditions socioéconomiques décentes  ! 

La défavorisation socio-économique étant le principal facteur de décrochage scolaire, il est impératif de mettre en place des mesures de lutte à la pauvreté permettant à l’ensemble des jeunes et des familles d’avoir des conditions de vie décentes. Lors de la consultation Interjeunes de 2015, des jeunes ont soutenu avoir décroché dans le but de gagner plus d’argent pour mieux subvenir à leurs besoins et ceux de leur famille. D’autres ont affirmé que leur processus de raccrochage scolaire avait été entravé ou reporté en raison d’un manque de ressources financières. Le ROCLD juge ainsi qu’il est impératif d’agir en amont pour lutter contre la pauvreté.

 

En bref :

  • Que les organismes communautaires de lutte au décrochage (OCLD) soient reconnus comme les principaux acteurs pouvant aider le milieu scolaire à atteindre l’idéal de la réussite éducative de tous les jeunes

  • Que les acquis développés dans le milieu de l’action communautaire autonome soient reconnus par le milieu scolaire et les employeurs

  • Que l’accès aux différents parcours de formations soit favorisé pour l’ensemble des jeunes

  • Que les conditions d’admission soient suffisamment souples pour permettre aux jeunes aux parcours atypiques d’effectuer un retour en formation sans se buter à divers obstacles administratifs et sans faire face à des mesures punitives en cas d’échec

  • Que l’éducation soit recentrée autour du jeune. Ainsi, que ses intérêts soient pris en compte dans l’offre de formation et que tous les jeunes aient accès à la même formation générale;

  • Que la mixité scolaire soit valorisée par :

    • La fin du financement public des écoles privées

    • La fin des programmes sélectifs

    • L’instauration de mesures qui favorise la véritable inclusion de tous les élèves

  • Que des mesures de lutte à la pauvreté permettant à l’ensemble des jeunes et des familles de se sortir de la pauvreté soient mises en place 

  • Que la gratuité réelle et universelle des études du niveau primaire au niveau postsecondaire soit mise en place

  • Que le décrochage scolaire des filles soit reconnu et considéré 

  • Que des mesures soient mises en place pour élimer les stéréotypes sexuels dans les pratiques pédagogiques et favoriser l’égalité entre les sexes en éducation

  • Que des moyens financiers permettant à tous les élèves, sans obligation d’un diagnostic, d’avoir accès à de l’aide et de l’accompagnement psychosocial et éducatif soient mis en place

  • Qu’une commission parlementaire sur la médicalisation des difficultés et problèmes sociaux vécus par les jeunes soit mise en place.