Apprentissage par projet, Alternatives scolaires et Mise en …

Apprendre et découvrir en mettant la main à la pâte

« À quoi ça va me servir d’apprendre ça ? » Cette question, si souvent entendue, résume à elle seule la réserve la plus tenace face au savoir théorique. En offrant aux jeunes l’occasion d’exprimer leurs goûts et leurs intérêts à travers des réalisations concrètes, on donne un sens à leurs activités scolaires. On leur permet de constater par eux-mêmes les possibilités de transposition et d’adaptation des connaissances. Tout en stimulant leur curiosité et leur goût d’apprendre, on sollicite leur engagement, leur sens des responsabilités. Ils apprennent à se faire confiance, à faire confiance aux autres et à persévérer.

Au niveau primaire et secondaire

Exemples d’activités d’apprentissage par projets

  • Des jeunes de 12 à 17 ans, à haut risque de décrochage, participent à des ateliers où ils explorent diverses techniques : céramique, cuisine, électricité, menuiserie, vitrail, musique, peinture sur tissu et sur verre, etc.

Ils sont ensuite appelés à concevoir et à réaliser un projet de leur choix. Pour plusieurs, ce sera l’occasion d’une

première réussite, d’un premier succès.

  • Pendant les vacances estivales, des jeunes en difficulté d’adaptation sont invités à découvrir, explorer et expérimenter les diverses étapes de la conception et de l’entretien d’un jardin potager biologique (de la plantation jusqu’à la vente de légumes) ainsi que les différentes tâches se rapportant à l’aménagement paysager.
  • En participant à un projet entrepreneurial coopératif qu’ils élaborent eux-mêmes, des jeunes des 1ère au 3e secondaire découvrent certaines de leurs forces en faisant l’expérience de la gestion d’un projet du début à la fin.
  • Afin de les éveiller à différents loisirs et métiers, de réveiller leurs passions, leurs goûts, leurs talents, des jeunes de 12 à 24 ans s’engagent dans l’action et la participation citoyenne en contribuant à la revitalisation de leur village. Trois demandes leur sont faites : embellir le village, faire une émission radio et créer un réseau d’échanges de connaissances à partir des talents des gens du village.

« Tous les jeunes méritent d’être aimés et qu’on s’occupe d’eux. Surtout ceux qui ne semblent pas le mériter. Les jeunes, des fois, qui vivent de grosses problématiques, indirectement, de façon volontaire ou non, vont tout faire pour qu’on les laisse de côté. Alors que ces jeunes-là, au contraire, sont ceux qui ont le plus besoin de nous. » Denis, intervenant

Quand l’école ne convient plus

Certains jeunes vivent des difficultés telles qu’ils n’arrivent plus à fonctionner dans le cadre scolaire régulier. Plutôt que de fréquenter l’école, ces jeunes sont accueillis dans un OCLD. Ils ont ainsi accès, pour une période variable, à un milieu accueillant, sécurisant et stable. Grâce au soutien d’enseignants et d’intervenants qualifiés, ils poursuivent leur cheminement scolaire tout en bénéficiant d’un suivi psychosocial. Ce sera également l’occasion pour eux de découvrir leurs forces cachées, de reprendre confiance.

 Au niveau secondaire

Exemples d’alternatives

  • Des jeunes de 13 à 17 ans en période de suspension ou de réflexion, référés par une école partenaire, fréquentent l’organisme pendant une à quatre semaines, à raison de quatre jours par semaine. Par le biais de divers ateliers de groupe et d’un suivi individuel, ils sont amenés à explorer leurs intérêts, à mieux cerner leurs forces et leur limites.
  • Dans les locaux de l’organisme, des jeunes décrocheurs consacrent une demi-journée aux matières scolaires (les cours qui leur sont offerts mènent à l’obtention du DES). Des ateliers portant sur l’exercice de la citoyenneté, la connaissance de soi, le développement de l’employabilité ainsi que des visites éducatives complètent la journée. Les jeunes poursuivent leurs études à leur rythme. Certains parmi eux retournent à l’école à plein temps ou de façon progressive.

«Ces personnes-là m’ont vraiment aidé à retrouver une confiance en moi. Parce que j’ai réalisé que ma révolte était liée à un manque de confiance en moi-même. J’ai retrouvé confiance en moi, le goût d’aller à l’école, de finir mes études, de vouloir faire quelque chose dans la vie. On dit que si t’as pas confiance en toi, ça marche pas. Mais quand quelqu’un d’autre croit en toi, ça déteint, veux, veux pas. L’année que j’ai passée, y a des moments où j’aurais pu être un tas de poussière. Pis maintenant, je me vois comme une personne. Je sais que je vais me rendre quelque part. Pis ça, ça me réjouit ! » Jimmy, participant

Se reprendre en main

Le sentiment de liberté associé au fait d’avoir quitté l’école ne dure généralement pas très longtemps. Succession d’emplois peu valorisants et mal payés, désoeuvrement et, pour certains, problèmes liés à la toxicomanie ou à la délinquance ne tardent pas à désenchanter les décrocheurs.

Après une période plus ou moins longue où il est resté livré à lui-même, un jeune décrocheur a besoin de soutien et d’encadrement pour y voir plus clair dans sa vie. Son passage dans un OCLD lui permettra de prendre du recul. Soutenu par des adultes qui ne le jugent pas, il pourra explorer diverses avenues vers un retour aux études ou une meilleure intégration au marché du travail.

Au niveau secondaire

Exemples d’activités de mise en action

  • Pendant 24 semaines, à raison de 30 heures par semaine, des jeunes de 16 à 20 ans entreprennent une démarche volontaire de développement personnel et d’acquisition de compétences techniques en multimédia. À travers la réalisation de projets commandés par des collaborateurs-clients du milieu communautaire, les jeunes s’initient aux métiers et aux professions dans ce domaine et découvrent la réalité du marché du travail. Les participants bénéficient d’un suivi personnalisé et participent à des ateliers leur permettant de développer des compétences, des habiletés et des aptitudes à la fois techniques, personnelles et sociales.
  • Des jeunes de 16 à 25 ans fréquentent un centre de jour et ont accès à des ressources d’hébergement propres et sécuritaires offertes par l’organisme. Des ateliers de développement personnel, un enseignement académique individualisé pour ceux qui désirent terminer leur secondaire, des informations sur les ressources de la communauté, un support à la recherche d’emploi, des plateaux de travail, des stages favorisant l’intégration sur le marché du travail et un suivi psychosocial individualisé leur sont offerts.

Un lien profond et durable avec la communauté

Alors que la mobilisation de l’ensemble de la société en faveur de la réussite éducative est devenue une priorité nationale, ce bref tour d’horizon nous révèle que les OCLD:

  • soutiennent le cheminement scolaire de milliers de jeunes Québécois dès leur plus jeune âge et jusqu’à leur entrée dans la vie adulte ;
  • aident également leurs parents et favorisent la création et le maintien de liens positifs entre l’école et les familles;
  • s’adressent précisément à ceux que l’école a le plus de mal à rejoindre.

De plus, puisqu’ils agissent en soutien à la mission de l’école, le travail en partenariat s’inscrit au coeur même des interventions des OCLD. Ils ont ainsi développé une véritable culture partenariale où prédominent le respect et la reconnaissance du champ de compétences propre à chaque partenaire.

À l’évidence, les OCLD représentent un maillon essentiel lorsqu’il s’agit de mobiliser la collectivité en faveur de la réussite scolaire de tous les jeunes. Spécialement lorsqu’il s’agit de soutenir ceux qui, au départ, semblent les moins favorisés, les OCLD sont sans contredit des partenaires essentiels de la réussite des jeunes !

«Une approche qui mise d’une part sur le potentiel éducatif des différents milieux (famille, école, communauté) et d’autre part sur le potentiel du jeune est seule garante du succès d’un programme de soutien scolaire et social. Reconnaître cela, c’est aussi reconnaître l’incontestable contribution des organismes communautaires comme partenaire actif dans la lutte au décrochage scolaire. » Dr Richard Lessard, directeur de santé publique de Montréal